Hier soir à la Cantine se tenait le premier volet d’un cycle de conférences du Social Media Club France sur les nouveaux modèles économiques de la presse en ligne.
Les invités d’hier étaient tous liés à la presse en ligne par des actions de conseil, des recherches ou des entreprises. Au menu : Danielle Attias, consultante au Greenwitch Consulting ; Emmanuel des Moutis, directeur de la publication de l’hebdo « Vendredi » ; Johana Sabroux, chef d’édition du magazine e24.fr et Jean-Christophe Nothias, directeur du développement de Médiapart animé par Thomas Paris, chercheur au CNRS et enseignant à HEC.
Chacun a donc pu nous présenter son point de vue sur la presse en ligne et surtout les affinités qu’il entretenait avec un domaine amené à évoluer par les usages des nouvelles générations où chacun cherche, innove, expérimente de nouveaux procédés de fidélisation des lecteurs. De là ont suivi la présentation des modèles d’entreprise des trois médias présents. Modèle gratuit financé par la publicité, modèle payant financé par les abonnements et… la publicité, modèle « néo-rétro » print/web financé par l’achat papier, les abonnements et… la publicité. Et alors me direz-vous, la publicité ce n’est pas nouveau, c’est comme cela que tous les médias fonctionnent depuis longtemps, quelle différence ?
En effet et ce n’est pas là que se trouve l’innovation du moins pour le moment, même si, au regard des débats d’hier soir, on se dit qu’un peu de nouveauté dans la publicité en ligne ne ferait pas de mal…
Mais alors qu’est ce qui change ? Quelles différences entre un modèle gratuit et un modèle payant, quelle différence avec avant ? La réponse est simple, à peu près tout !
Modèle gratuit / Modèle payant, sur internet l’abonnement permet de mieux qualifier une base de donnée des lecteurs et donc de vendre des espaces publicitaires plus ciblés (on y revient) là où le gratuit se contente de sondages, de mini formulaires d’inscriptions et de visiteurs uniques.
Sur la question participative aussi les deux modèles s’opposent. Sur un site gratuit, le visiteur « passe » et laissent un commentaire qui peut être anonyme. Sous couvert d’anonymat, on le sait bien, on peut parfois se laisser aller à quelques débordements… Le système payant lui identifie les commentateurs ce qui tend à faire « monter » la qualité des échanges. Il permet aussi plus facilement de créer une communauté avec des échanges derrières, c’est « l’effet club ».
Sur quels revenus miser ? Sur la publicité, sur l’abonnement, sur la vente papier… Les laboratoires d’expérimentation sont ouverts sur la Toile, personne ne peut donner de réponse aujourd’hui. Ce qui est sur c’est que tous misent sur le « cross média » : c’est un partenariat qui consiste à faire des ponts entre deux sites via des liens. C’est la BlogRoll en quelque sorte. De qui, de quoi je parle et qui sera intéressé pour parler de moi afin de me ramener de l’audience ? C’est là dessus que mise e24 dont 60% des visiteurs viennent de 20 Minutes. Vendredi Hebdo fais le même paris : « nous mettons en valeur des blogueurs, ils parlent de nous, leurs lecteurs achètent… ». Mediapart mise sur d’autres partenariats, la licence de consultation pour les universités, les bibliothèques, les médiathèques…
Quelles différences pour les journalistes ? En fonction du modèle économique et de l’information livrée, beaucoup de paramètres peuvent changer, en terme de recherche / reprise d’informations, de temps d’investigation ou de recoupement d’informations, etc. Le changement fondamentale passe par le média. Internet permet au journaliste de s’émanciper un peu de son papier (au sens propre d’une page de papier) et ramener d’une interview, des photos, des vidéos, un document audio… Ce n’est pas une révolution mais on le voit de plus en plus, même dans la presse d’entreprise.