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07 avr
2009

Thibaud Chemin
Thibaud Chemin

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Categories: Divers

Dans la dèche au Royaume Enchanté

sfw_9782070343508Aujourd’hui, nous allons parler bouquin !

Down and out in the magic Kingdom, roman de science fiction de Cory Doctorow – également co-auteur du blog www.boingboing.net – nous amène à réfléchir à un futur déjà présent.

Dans une société « post pénurie » où l’argent n’a plus cours, tout le monde peut vivre confortablement, disposer d’un logement, de moyens de transport, de nourriture… Où Disney World est un quartier résidentiel en plus d’un parc d’attraction. La mort au sens où on l’entend n’est plus un problème, grâce à un astucieux mélange de clonage et d’un système de sauvegarde/restauration. Le seul élément différenciant entre les individus, parce qu’il en faut un, nous sommes humains, est une invention pure et simple : le Whuffie.
C’est autour de cet élément que le livre de Doctorow prend toute sa dimension, à la fois futuriste et actuelle. Le whuffie est la monnaie d’échange dans la société que l’auteur nous fait découvrir.
Le taux de whuffie de chacun varie en fonction des bonnes et mauvaises actions que les personnages réalisent dans leur vie relativement à la perception qu’en ont les autres ; une sorte de jauge de réputation et de charisme que l’on « Ping » lorsque l’on croise quelqu’un dans un café ou dans la rue. Évidemment, lorsque les personnes disposant de peu de whuffie, sont considérées comme des parias, leurs amis ne daignent plus sortir avec eux et ils se voient relouer une chambre d’hôtel qu’ils occupaient…

Allez, j’en ai assez dit. Je vous laisse découvrir la suite dans le livre ;)
D’autant que notre ami blogueur l’a mis gratuitement en téléchargement (craphound.com), alors.

Ce qui m’interpelle dans ce livre c’est que l’auteur met un nom sur ce que l’on appelle – peut-être encore trop timidement – la réputation, le charisme ou le réseau. Cette « chose » qui fait que l’on a plutôt 120 amis sur Facebook là où d’autres en ont 300, qui fait que votre blog est lu par vos amis proches ou par des internautes du monde entier. Cette course aux amis, cette course aux commentaires, aux links, likes ou followers, ressemble fort aux prémices de ce que Cory Doctorow nous décrit. Une société dans laquelle on vit plus que jamais au travers des autres, entre gloire quotidienne et anomie profonde.

À mon sens une très bonne mise en perspective de ce que le Web social peut commencer à nous faire entrevoir de conflits générationnels et comportementaux.

« J’ai compris qu’elle pinguait son whuffie et surprit son air de désapprobation étonnée. Nous autres anciens d’avant le whuffie savons son importance, mais pour les gamins, c’est le monde. Quelqu’un sans whuffie est automatiquement suspect. Je l’ai vue se ressaisir aussitôt, sourire et s’essuyer discrètement la main sur son jean. « Du café ? a-t-elle proposé. » »
(ed. folio SF p. 27)

À méditer.

 
25 nov
2008

Thibaud Chemin
Thibaud Chemin

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Categories: média sociaux

La Toile devient sociale ?

Partout de nouveaux réseaux sociaux se créent, les marques essayent d’en comprendre le fonctionnement et de s’y infiltrer. Partout on entend les réseaux sociaux ventés par les blogeurs, les médias gratuits et payants, la télévision… Le web social fait l’actu et son audience ne baisse pas, même en temps de crise. On dirait même que ça rassure certains – au moment où l’on s’aperçoit (espérons-le) que l’être humain est laissé de côté au profit de… au profit tout court ! – de savoir qu’il reste peut être un espoir sur Internet…

Pour les grandes entreprises, l’enjeux d’internet est maintenant d’entrer dans la sphère sociale. De comprendre leur fonctionnement pour mieux capter leurs audiences.

Mais pourquoi cette vision si sociale du Web seulement maintenant ? Le Web est par essence un outil social, créé pour mettre les gens en relation, pour leur permettre d’interagir. Qui n’a jamais eu d’émotion en échangeant sur un forum, sur un chat ? Et n’oublions pas les newsgroup, IRC qui bien avant les usages actuels créaient déjà du lien, des émotions et du social. L’aspect communautaire du Web n’est pas non plus né avec les blogeurs et les réseaux sociaux, considérez l’open source et même les réseaux de téléchargements P2P, le simple fait d’imaginer qu’une vidéo passe le lundi soir sur les télés américaines puisse-t-être disponible en 24h en téléchargement et sous titrée en plusieurs langues, le tout gratuitement mis à disposition donne le vertige, non ?

Pourquoi maintenant ?
Parce que le Web se démocratise. N’en déplaisent aux nostalgiques de la « fracture numérique », Internet est dans près de 60% des foyers (57,6%) aujourd’hui et plus de 90% se connectent via l’ADSL donc en accès haut débit illimité permettant de disposer de l’ensemble des services du Web (vidéo, audio, téléchargement, etc.). Et sur cette population, on peut estimer à 20% la part d’internautes connectés à un réseau social avec au moins une connexion par mois.

Pourquoi tant d’intérêt un si grand intérêt ?
Un réseau social est un service Web avec lequel on peut diffuser tous les médias habituels : vidéo, audio, images, texte. Le plus de ces réseaux pour l’utilisateur c’est l’interaction avec son réseau d’ami proche et moins proche. Ces interactions sont diverses : création d’évènements, de groupes, invitation, regroupements autour d’un artistes et toute sorte d’applications virales.
Toutes ces actions, tous ces jeux, toutes ces connexions sont scrupuleusement enregistrées et triées par les détenteurs de ces réseaux et forment des bases de données dantesques dans lesquelles on peut réussir à créer le profil qualifié d’un individu mais aussi du groupe social dans lequel il évolu. C’est là que se trouve l’innovation et l’intérêt pour les marques, pour la publicité également. Trouvez un individu qui est « fan » de votre marque sur facebook, étudiez son réseau, isolés les personnes qui ne sont pas « fan » de votre marque et vous trouverez des leviers, des liens, des connexions, des goûts, des préférences et peut être vos concurrents dans son profil.
C’est là la différence majeur avec les chats, newsgroup et autres forums qui disposaient pour certain déjà de profils très détaillés mais qui ne disposaient pas de l’éléments indispensable à tant de convoitises : la vérité. En créant un territoire numérique où l’intérêt de l’internaute se trouve dans la déclinaison de son identité réelle – pour retrouver et interagir avec son réseau d’amis – vous créez le meilleur outil de recherche et de convoitise pour les entreprises.
Le saint graal du directeur marketing : la base de donnée des goûts et des couleurs des prospects du monde entier.

Les réseaux sociaux ne créent pas aujourd’hui un Web social, ils créent des communautés basées sur du lien réel et de véritables passerelles entre Internet et la réalité « j’ai vu que tu étais fan de cette série américaine dont on parle tant mois aussi, bla… » tout droit depuis mon ordinateur jusqu’à la machine à café.

L’investissement des RS est donc stratégique pour une marque aujourd’hui. Attention cependant à ne pas se « griller » auprès de ses cibles… Bientot un article sur les points à ne pas négliger dans une stratégie Web aujourd’hui.

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